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16 août 2026C’est l’une des plus grandes transitions techniques que la France ait connues, et elle se fait presque sans bruit : le réseau téléphonique en cuivre s’éteint, commune par commune, jusqu’en 2030. Avec lui disparaissent l’ADSL et le téléphone fixe classique — le RTC, cette prise en T dans laquelle on branche un combiné depuis cinquante ans.
Un calendrier par lots, déjà bien avancé
La fermeture se déroule en deux temps pour chaque zone : d’abord la fermeture commerciale — plus aucune nouvelle souscription possible — puis, environ un an plus tard, la fermeture technique, qui coupe réellement la ligne. Le lot 3 couvre environ 2 138 communes pour 2,5 millions de locaux, avec une coupure technique fin janvier 2027. Le lot 4 concerne 6 894 communes et 8,3 millions de locaux en 2028, le lot 5 environ 10 470 communes et 11,7 millions de locaux en 2029, les dernières coupures intervenant d’ici fin 2030 (source : Selectra ; calendrier détaillé sur le site de l’Arcep).
Autrement dit : la plupart des communes rurales sont concernées dans les trois à quatre ans, et beaucoup ont déjà passé le cap de la fermeture commerciale.
Ce que ça change, concrètement, dans un village
Là où la fibre est déployée, la bascule est simple et souvent avantageuse : le numéro de téléphone se conserve par portabilité, le débit progresse. Là où elle ne l’est pas, il faut se rabattre sur une box 4G/5G fixe ou sur le satellite — des solutions qui fonctionnent, mais dont la qualité dépend fortement de la couverture réelle du hameau, pas de la couverture théorique de la commune.
Trois catégories d’usagers sont particulièrement exposées. Les personnes âgées, dont le téléphone fixe est parfois l’unique moyen de communication, et dont les dispositifs de téléassistance sont souvent branchés sur le RTC. Les commerces et petites entreprises, dont le terminal de paiement, l’alarme ou l’ascenseur peuvent encore utiliser une ligne analogique. Et les maisons peu occupées — résidences secondaires, logements en vente ou en succession — où personne n’ouvre le courrier d’information d’Orange et où la coupure se découvre à l’arrivée suivante.
Un point aveugle : les équipements branchés sur la ligne
C’est l’angle mort classique de cette transition. On pense au téléphone, on oublie ce qui l’accompagne : alarmes reliées à un télésurveilleur, systèmes de téléassistance pour personnes âgées, terminaux de paiement, télérelève de compteurs, ascenseurs et portails automatiques équipés d’une liaison de secours. Tous ces équipements peuvent cesser de fonctionner le jour de la coupure technique, sans avertissement autre qu’un courrier reçu des mois plus tôt.
Pour un propriétaire éloigné, cela mérite une vérification explicite : votre alarme est-elle reliée par la ligne fixe ? Votre chaudière communicante, votre compteur, votre portail ? Une maison qui perd sa ligne perd parfois plus qu’un téléphone.
Ce que les communes peuvent faire
L’expérience des premiers lots montre que le principal facteur de réussite n’est pas technique, il est informationnel. Les habitants qui basculent sereinement sont ceux qui ont été prévenus tôt, plusieurs fois, et par un canal qu’ils consultent réellement — pas uniquement par un courrier d’opérateur qui ressemble à une publicité. Une permanence en mairie, un rappel dans le bulletin municipal, et une information visible là où les gens passent font davantage qu’une campagne nationale.
C’est typiquement le genre de message que les écrans du réseau Disfuz diffusent bien : une information locale, datée, répétée, affichée à l’accueil de la mairie, chez le boulanger et dans les hébergements. Et pour les maisons vides dont personne ne relève le courrier, un passage régulier reste le seul moyen de ne pas découvrir le problème trop tard — c’est l’un des points que nous contrôlons avec Seconde″.
Pour aller plus loin : Disfuz, Seconde″ et l’ensemble de nos activités.
Cet article fait partie de notre dossier Faire vivre un territoire rural.
