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22 août 2026Le drone équipé d’une caméra thermique est devenu l’un des outils les plus efficaces pour observer la faune sauvage — et l’un des plus encadrés dès qu’on s’approche de la chasse. Entre ce que la technologie permet et ce que la loi autorise, l’écart est important, et il vaut mieux le connaître avant de décoller.
Pendant l’action de chasse : interdiction stricte
Le code de l’environnement (article L.424-4) interdit l’usage du drone pour rechercher ou repérer le gibier en action de chasse. L’interdiction couvre le pilotage direct par le chasseur, mais aussi l’exploitation d’informations fournies par un tiers qui survolerait la zone. La sanction : jusqu’à 1 500 € d’amende, avec possibilité de suspension du permis de chasser jusqu’à trois ans et de confiscation de l’arme (Chasse Passion, dossier 2026).
La logique est celle de la chasse équitable : la technologie ne doit pas abolir la chance de l’animal. Le même principe qui interdit depuis longtemps les dispositifs de vision nocturne pour le tir s’applique désormais aux yeux volants.
Hors action de chasse : des usages précieux et licites
Tout change quand le drone sert la connaissance plutôt que le tir. Les comptages de populations menés hors saison, notamment au thermique à l’aube, donnent des résultats bien plus fiables que les comptages au phare depuis un véhicule. Et l’évaluation des dégâts de gibier par photogrammétrie se développe rapidement chez les fédérations de chasseurs : survoler une parcelle de maïs versé permet de chiffrer précisément les surfaces détruites par les sangliers, là où l’estimation à pied reste approximative et chronophage.
Le sujet est très concret chez nous : les dégâts de sangliers dans les prairies et les maïs de Bresse pèsent sur les indemnisations que financent les fédérations, et donc sur l’équilibre agriculteurs-chasseurs de nos communes. Une mesure objective et rapide, opposable aux deux parties, apaise des discussions qui peuvent être tendues.
Les nouvelles règles de vol, chasse ou pas
S’ajoute depuis 2026 le cadre européen général : tout drone de plus de 250 g ou équipé d’une caméra impose l’enregistrement de l’exploitant, la consultation des cartes de restriction avant vol, et le respect de zones d’exclusion élargies. Les vols dangereux exposent à des sanctions pouvant atteindre 75 000 €. Un président d’ACCA qui fait voler le drone du club est un exploitant comme un autre — la formalité est simple, mais elle n’est pas optionnelle.
La zone grise : la recherche au sang
Reste un cas non tranché : l’usage du thermique pour retrouver un animal blessé. L’éthique de la chasse impose de tout faire pour abréger la souffrance d’un animal touché ; le drone thermique serait objectivement efficace pour cela. Mais le statut juridique de cet usage demeure flou, et les associations officielles de recherche au sang s’en tiennent aujourd’hui exclusivement aux chiens. C’est probablement l’un des prochains points que le législateur devra clarifier.
Ce qu’il faut en retenir
La ligne de partage est claire : le drone au service de la connaissance et de la gestion, oui ; au service du tir, non. Pour les ACCA, les fédérations et les communes rurales de notre secteur, c’est une opportunité réelle — comptages plus fiables, dégâts objectivés, dialogue facilité — à condition de respecter le cadre. La technologie au service du terrain, pas l’inverse : c’est une conviction qui dépasse largement la chasse.
Informations données à titre indicatif à la date de publication ; la réglementation drone et chasse évolue rapidement. Renseignez-vous auprès de votre fédération départementale.
Pour aller plus loin : l’ensemble de nos activités.
Cet article fait partie de notre dossier Chasse et numérique : ce que les outils changent vraiment.
