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28 août 2026La saison cynégétique 2026-2027 s’ouvre, et avec elle revient la période où les chemins se partagent le plus mal. Voici le calendrier, ce qu’il faut en retenir — et pourquoi la vraie question de cette saison sera moins réglementaire qu’informationnelle.
Le calendrier de la saison
L’ouverture générale s’échelonne entre le 6 et le 27 septembre 2026 selon les arrêtés préfectoraux, la majorité des départements ouvrant les 13 ou 20 septembre. La clôture générale est fixée au 28 février 2027. C’est un point qu’il faut redire chaque année : les dates sont départementales, fixées par le préfet après avis de la commission départementale — un calendrier national n’existe pas.
Le gibier d’eau et les migrateurs suivent un calendrier propre, plus précoce : ouverture au 1er août sur le domaine public maritime, au 21 août dans les marais et zones humides intérieures, au 29 août pour la caille et la tourterelle en poste fixe. Certaines espèces — pilet, souchet, fuligule milouin — n’ouvrent qu’au 15 septembre hors zone littorale. Côté fermetures : 31 janvier pour le gibier d’eau, 20 février pour les migrateurs, avec le pigeon ramier limité au poste fixe après le 11 février (calendrier détaillé sur Gallinoo).
Deux espèces restent totalement suspendues jusqu’au 1er juillet 2027 : le courlis cendré et la barge à queue noire. Ces moratoires, régulièrement reconduits, illustrent la logique de gestion adaptative désormais dominante — on ferme quand l’état des populations l’exige, on rouvre quand les données le permettent.
Le vrai sujet de septembre : qui sait quoi, et quand
Un calendrier départemental échelonné sur trois semaines, des dates différentes par espèce, des règles distinctes selon qu’on est en zone humide ou en plaine, et des moratoires qui évoluent : la réglementation cynégétique est probablement l’une des plus complexes qui s’appliquent au grand public — et pratiquement personne, hors chasseurs, n’en connaît le premier mot.
C’est ce décalage qui alimente l’essentiel des tensions d’automne. Le promeneur qui découvre une battue en cours ne s’est pas comporté imprudemment : il ignorait tout simplement qu’il pouvait y en avoir une ce jour-là. Et l’affichage traditionnel ne l’aide pas — un panneau « chasse en cours » planté toute la saison au départ d’un sentier cesse d’informer dès la deuxième semaine.
Le rappel utile porte donc sur les chiffres réels du risque, plutôt que sur les impressions : la saison dernière a compté 92 accidents corporels et quatre décès, le niveau le plus bas jamais enregistré, avec dix non-chasseurs blessés contre seize l’année précédente. La sécurité progresse — mais la perception, elle, dépend de la qualité de l’information disponible.
Ce qui fonctionne, et que la saison peut installer
Trois pratiques changent réellement les choses, et aucune n’oppose les usagers. Déclarer les battues en temps réel, pour que l’information dise « ici, on chasse maintenant » et non « ici, on chasse parfois ». Doubler l’application par un affichage physique là où passent les gens — mairie, commerce, hébergement —, parce que la majorité des promeneurs n’installera jamais d’application. Et ouvrir un canal de signalement, pour qu’une battue non annoncée remonte au responsable plutôt que sur les réseaux sociaux.
C’est exactement le dispositif que nous avons construit avec ChassOuverte, l’application libre et auto-hébergée que nous mettons à disposition des fédérations — validation des consignes de sécurité avant toute participation, postes et sens de traque matérialisés sur la carte, alerte des promeneurs à moins d’un kilomètre sans jamais conserver leur position.
La saison qui commence sera aussi celle où la véloroute de la Bresse jurassienne, achevée cet été, fera circuler des cyclistes toute l’année à travers des territoires de chasse. Les usages se croisent de plus en plus. L’information doit suivre.
Les dates indiquées sont celles observées à la date de publication ; elles sont fixées par arrêté préfectoral et peuvent varier. Vérifiez toujours l’arrêté de votre département.
Pour aller plus loin : ChassOuverte sur GitHub et l’ensemble de nos activités.
Cet article fait partie de notre dossier Chasse et numérique : ce que les outils changent vraiment.
