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6 octobre 2026
Tourisme dans le Jura : 680 millions d’euros, et un été 2026 en demi-teinte
21 octobre 2026Les chais du Jura terminent leurs fermentations, et le bilan du millésime 2026 se précise : une année historique par sa précocité, contrastée par ses volumes. « On a divisé le volume par quatre » : c’est par cette phrase que France 3 résume le paradoxe de l’année, une sécheresse qui a mis à mal le crémant mais sublimé les autres vins. Après notre point de début septembre sur la précocité record en Bourgogne, les chiffres jurassiens confirment l’ampleur du choc.
Une année comparable à 2003
La Société de viticulture du Jura a fait le compte : les vendanges ont débuté le 10 août, ce que son technicien Gaël Delorme qualifie d’« assez historique », en rapprochant le millésime de 2003. Juin, juillet et août ont dépassé les normales de 4,5 à 5 degrés. Depuis janvier, il est tombé 569 millimètres de pluie, contre 835 en année normale. Le débourrement est intervenu neuf jours plus tôt que la moyenne des vingt dernières années, la floraison dix-sept jours plus tôt. Autour du 10 août, les baies ont flétri, brûlé et perdu leur jus.
Sur un réseau de vingt et une parcelles suivies par la SVJ, 29 % affichent des pertes supérieures à 50 % — et le technicien estime que la réalité globale est sans doute plus lourde. L’État a accordé 250 000 euros de dégrèvements aux exploitations viticoles du département, sur une enveloppe agricole de 2,38 millions d’euros ; une indemnité de solidarité nationale est à l’étude.
Pourquoi le crémant trinque
Le crémant est le vin le plus exposé à ce type d’année. Il exige des raisins cueillis tôt, avec une acidité vive et un degré modéré : quand la chaleur concentre les sucres et effondre l’acidité, une large partie de la vendange ne convient plus. À l’inverse, les cépages destinés aux vins tranquilles et au vin jaune tirent parti de cette concentration. Pour de nombreux domaines, l’effet économique est pourtant défavorable : le crémant est souvent le vin de trésorerie, celui qui se vend vite, en volume, et finance le reste de la gamme qui vieillit en cave.
Ce que le millésime enseigne
La SVJ insiste : 2026 « n’est pas une anomalie isolée ». Des essais portent sur les porte-greffes, la conduite du feuillage et le fonctionnement des sols ; les parcelles aux sols riches en matière organique et biologiquement actifs ont montré « une meilleure résilience ». Pour un domaine, le millésime appelle aussi des choix commerciaux : expliquer à ses clients pourquoi le crémant manquera, valoriser des cuvées tranquilles exceptionnelles mais rares, et mieux mesurer ses rendements parcelle par parcelle pour objectiver les pertes. Une raison de plus de structurer ses données, comme nous le défendons dans notre dossier sur le vignoble jurassien à l’horizon 2030.
Sources
- Hebdo39 — Vendanges 2026 dès le 10 août, la filière sous pression
- France 3 Bourgogne-Franche-Comté — Le paradoxe du millésime 2026 dans le Jura
Cet article fait partie de notre dossier Le vignoble jurassien face à 2030.
