
Tourisme dans le Jura : 680 millions d’euros, et un été 2026 en demi-teinte
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21 octobre 2026Du 8 au 11 octobre, l’Institut Pasteur a mené son Pasteurdon, sa grande campagne d’appel aux dons, qui fêtait cette année ses vingt ans. Pour l’occasion, vingt villes ont été désignées « villes ambassadrices » : Paris, Lyon, Bordeaux… et deux communes jurassiennes, Dole et Arbois. Henri Pitron, directeur de la communication et des affaires publiques de l’Institut, les décrit comme « les gardiennes de notre mémoire ». Le titre est mérité, et il rappelle que le Jura possède un patrimoine scientifique de premier plan, souvent moins valorisé que son patrimoine bâti ou viticole.
Deux maisons, deux moments d’une vie
Louis Pasteur est né à Dole en 1822 ; sa maison natale est aujourd’hui un musée. Il a grandi à Arbois, dans la maison familiale qu’il a conservée toute sa vie et qui est elle aussi devenue un musée ; l’Académie des sciences en a mené la restauration, sous la conduite de Pascale Cossart, professeure à l’Institut Pasteur et membre de l’Académie. Pour l’exposition « Bière, des ferments et des hommes » présentée à la maison natale de Dole, l’Institut a prêté quatorze objets de ses collections. Le statut de ville ambassadrice prend la forme que chaque commune choisit : relais de la campagne dans les supports municipaux, rencontres avec des chercheurs — « il n’y a pas de format unique ».
Un patrimoine difficile à raconter
Le patrimoine scientifique pose un défi particulier. Une église ou un château parlent d’eux-mêmes au visiteur ; un laboratoire, une verrerie de chimie ou un carnet d’expériences demandent une médiation pour être compris. La fermentation, la vaccination, la pasteurisation sont des notions familières, mais le chemin intellectuel qui y a conduit — et son lien avec le vin, la bière et l’agriculture jurassienne — l’est beaucoup moins. Le lien est pourtant direct : les travaux de Pasteur sur les fermentations sont nés de questions très concrètes posées par les vignerons et les brasseurs de son temps.
C’est un terrain idéal pour combiner les supports, comme nous le défendions à propos de l’abbaye de Baume-les-Messieurs : un livret qui raconte l’histoire, des contenus numériques qui montrent ce que l’œil ne voit pas — une fermentation au microscope, une expérience reconstituée —, un parcours qui relie les lieux. Pour les deux villes, le passage de la culture scientifique à la culture du vin offre aussi un récit touristique rare : peu de territoires peuvent dire que la science de la fermentation est née chez eux.
